Carnets d'automne

27 juillet 2017

Edouard Philippe: Premier Ministre et lecteur!

Il me faut l'avouer: je ne suis guère amateur de la "Littérature" des hommes politiques, mais qu'un Premier Ministre publiât un livre sur la lecture me paraît suffisamment exceptionnel pour qu'on s'y arrêtât. Disons-le de suite, ce livre est un non-événement, en ce sens qu'il ne nous apprend rien de vraiment  neuf, ni sur le livre, ni sur la lecture, qui n'ait déjà été dit; la nouveauté, c'est que ce soit un ministre qui en parle.

Dans un premier chapitre, l'auteur nous apprend qu'il a découvert la lecture et le livre par L'Enfer de Dante, excusez du peu, du moins par ses premières strophes, que son père lui lut à haute voix alors qu'il n'avait que six ans. Sa vraie découverte de la littérature, ce furent le Cyrano de Rostand et Les Misérables de Victor Hugo. L'occasion de souligner l'importance de la lecture orale, une façon de plus en plus utilisée, grâce aux moyens modernes de communication, pour faire découvrir la lecture. Et l'auteur de donner comme exemple la découverte émerveillée, excusez, une fois encore, du peu, du Faust de Goethe par son fils de dix ans, qui l'avait écouté sur France Culture! Mais ce qu'on attendait sans doute le plus de l'auteur, c'est sa vision de la lecture dans le domaine public. Le Havre, dont il fut le maire, possède de nombreuses et belles bibliothèques, la plus récente se situe dans "Le Volcan" d'Oscar Niemeyer, impressionnante coupole située au bord des anciens quais de la ville. Philippe souligne, avec raison, qu'il ne suffit pas d'attirer les citoyens dans les bibliothèques, de les faire venir aux livres, il faut aussi que le livre aille vers eux, et c'est ici que le Havre fait preuve d'imagination en créant des "Points livres", mini bibliothèques de maximum 5000 livres, dispersées un peu partout dans la ville, dans des lieux inattendus: galeries commerciales, restaurants, gares...! Ajoutons-y les "Livres nomades", livres déposés sur un banc, sur un siège du tram, abandonnés là pour qu'ils soient recueillis et lus, pour être à nouveau disposés, ou non, pour d'autres lecteurs. C'est donc une vision très globale de la lecture, de sa découverte et de son apprentissage. On sautera le chapitre sur sa passion pour la boxe, si ce n'est qu'il en profite pour souligner l'intérêt du Rap et de ses textes, qui vont du meilleur au pire.Le Ministre, enfin, nous parle de ses coups de coeur en littérature. Il avoue, et on apprécie sa modestie, n'avoir jamais lu, ni Proust, ni Hemingway, ni Joyce, ni Kafka, ni Modiano, et de n'avoir découvert que tardivement Flaubert, à l'âge de vingt ans, via Salammbô, qui n'est pas le meilleur Flaubert, sans, à ce jour, avoir lu Madame Bovary! Sa préférence, homme politique oblige, va aux grandes biographies d'hommes d'Etat, celles de Churchill, de Mendès France, de Jaurès, de Blum et...du général de Gaulle, ce qui ne l'empêche pas d'adorer Chateaubriand et Céline. La poésie, pour lui, s'arrête à Mallarmé; mais il aime les textes de Bob Dylan, de Bruce Springsteen et de Léonard Cohen, ce qui est assez intéressant quand on songe aux critiques qui se sont élevées lors de l'attribution du Prix Nobel de Littérature à Dylan. Enfin, quelques anecdotes amusantes sur le livre, telle celle qui concerne le maire de Deauville, qui lors des dîners qu'il organise, offre à ses hôtes un livre,posé sur leur serviette, ou cet aphorisme, que je partage, comme tout lecteur assidu: " Un livre prêté est un livre perdu". On l'aura compris, le Premier Ministre ne prête jamais ses livres!

 

" Des hommes qui lisent" 248p.

EDOUARD PHILIPPE

JC Lattès

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25 juillet 2017

Madame d'Epinay

Née Louise Florence Pétronille Tardieu d'Esclavelles, dans une ancienne noblesse de province, cette "fille de condition" devait, à l'encontre de la volonté de sa famille, indignée de cette mésalliance avec une famille de financiers, épouser, à peine âgée de  quinze ans, le fils d'un riche Fermier Général, Monsieur Lalive de Bellegarde. Ce fils, un jeune débauché, Denis Lalive d'Epinay, joueur, coureur de jupons, dépensier, devait faire le malheur de sa jeune épousée, qui rêvait d'un mariage où les époux seraient intimement liés dans une fidélité inébranlable, ce qui, dans la société de l'époque, était une illusion.Il lui faudra du temps pour découvrir le vrai caractère de cet époux qu'elle aime, contre vents et marées, et suite aux infidélités de celui-ci, à ses dépenses irresponsables, au cynisme dont il fait preuve dans ses relations avec sa jeune épouse, elle finira par s'en séparer. Désormais libre et fortunée, elle se retire dans le château de "La Chevrette" pour y tenir, à l'égal d'une Madame Geoffrin ou d'une marquise du Deffand, un salon qui attire très vite les philosophes, un Diderot, un d'Alembert, un d'Holbach, et plus tard Jean-Jacques Rousseau, qu'elle logera dans une annexe de la propriété, l'"Hermitage". L'amitié de ce dernier pour Louise sera assombrie par sa passion pour la belle-soeur de celle-ci, Madame d'Houdetot, qui provoquera l'ire de la châtelaine de "La Chevrette", et une dispute qui deviendra célèbre grâce aux "Confessions" de Rousseau.

Madame d'Epinay a reçu l'éducation que l'on réservait aux jeunes filles de sa classe sociale, c'est à dire presque rien, un peu de musique, du dessin et de la danse. Pour le reste, elle devait attendre l'homme qu'on lui réservait pour époux, et se résoudre à être totalement, à la fois son ornement et son sujet. Louise d'Epinay en vivra les conséquences désastreuses dans son couple. Mais c'est une femme intelligente, qui s'entoure d'hommes éclairés, qui l'ouvrent aux "Lumières". Consciente de la position de faiblesse de son sexe dans une société qui ne le  considère que comme un ornement, elle va prendre en main son destin, s'affirmer, et comment le faire mieux que par l'écriture, un geste hautement réprouvé par son monde. Elle se lance donc dans l'écriture d'un énorme roman - on discute encore aujourd'hui entre spécialistes pour savoir s'il s'agit d'une autobiographie ou d'un roman -  "Les Contre-confessions, ou l'Histoire de Madame de Montbrillant". Un roman à clefs, qui dissimule les personnages réels sous des noms d'emprunt, roman épistolier, qui lui permet de raconter sa vie sous les traits d'Emilie de Montbrillant.  Roman sans concession, cruel, qui dévoile le cynisme d'une société dans laquelle la femme n'est qu'un bel objet de parade, un roman très proche d'une oeuvre contemporaine " Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos. On y découvre l'envers de ce "Siècle des Lumières" qu'on vante pour son esprit et pour son ouverture à la liberté de pensée. Emilie de Montbrillant, alias Louise d'Epinay, sera cette femme révoltée par les conditions honteuses réservées à son sexe, qui ne verra la délivrance que dans la pensée, l'étude, et l'écriture. Ellese révèlera, par son style d'une grande élégance et par la profondeur de sa vision de la société, une écrivaine d'un immense talent. Sa condition de femme, qui la condamnait à l'incognito - son oeuvre ne sera publiée que plus de trente-cinq ans après sa mort - ne lui permettra pas de connaître la célébrité de Choderlos de Laclos. 

Le titre "Les Contre-confessions" fait évidemment allusion aux "Confessions" de Rousseau, ouvrage dans lequel ce dernier raconte sa longue dispute et sa rupture avec Madame d'Epinay et son cercle d'amis. Une version qui scandalisa son amie. Encouragée par son amant, Grimm, incapable d'interdire la lecture du livre de Rousseau, elle voulut donner sa version de cette célèbre dispute. Ce qui n'était pas le but premier de son roman, on croit même que ce furent Grimm et Diderot, eux-mêmes en rupture avec Rousseau,  qui la poussèrent à l'y introduire - on soupçonne même Grimm d'avoir collaboré à la dernière partie du roman, à y avoir introduit son venin contre Rousseau- un évènement finalement secondaire dans le roman, mais qui aida à en faire la célébrité.

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"Les Contre-Confessions Histoire de Madame de Montbrillant"

MADAME D'EPINAY

Mercure de France Le Temps retrouvé

1650 pages

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27 mars 2017

Chateaubriand: une relecture!

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On lit, et on relit les Mémoires d'Outre-tombe, mais de lecture en lecture on les lit différemment. Quand on s'y plonge pour la première fois, fasciné par le style de l'écrivain, par l'intérêt que suscite sa vie aventureuse d'homme politique et de grand romantique face à la nature, on ne rate pas une page, même pas une ligne. Plus tard, comme me le confiait une amie à propos d'une de ses relecture des "Mémoires", on "picore" dans l'oeuvre; car les centres d'intérêt se déplacent, c'est désormais moins le Ministre des Affaires Etrangères ou l'opposant à Charles X qui intéressent que le fondateur du romantisme en littérature, l'homme qui s'extasie devant la beauté de la nature sauvage de l'Amérique du Nord, ou celui qui, plongé avec nostalgie dans une jeunesse lointaine, se penche sur les interminables heures de solitude dans le sinistre château de Combourg. Ce sont les pages les plus belles, celles qui décrivent les longues promenades dans les landes de Combourg, ou sur les plages de Saint-Malo, images d'une jeunesse solitaire, inquiète, sensible au monde vivant de la nature, face au monde inquiétant et fermé de la société à laquelle il appartient, celle d'une aristocratie en voie de perdition, représentée par un père sombre, taiseux, dont les pas résonnent dans la grande salle du château. C'est dans ces pages intimes, que l'on découvre le grand Chateaubriand.

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22 septembre 2016

Virginia et Leonard Woolf

Ils formèrent le couple littéraire anglais le plus célèbre de l'entre-deux-guerres, en même temps que l'élément charnière du "Groupe de Bloomsbury", avec Vanessa et Clive Bell, Lytton Strachey, Meynard Keynes, Roger Fry, Duncan Grant, E.M.Forster, entre autres.

Leonard Woolf, fonctionnaire en Inde, auteur de plusieurs écrits politiques anticolonialistes, socialiste, secrétaire du parti travailliste, était issu d'une famille juive de la classe moyenne. Sa rencontre avec Virginia Woolf, leur mariage, donnèrent une orientation tout à fait nouvelle à son existence, désormais totalement consacrée à son épouse et à son oeuvre. Car Virginia était une malade, même si les nombreux médecins que le couple consulta diagnostiquèrent une neurasthénie qu'on ne guérirait que par le repos et une bonne alimentation, Leonard avait très vite découvert les tendances suicidaires de sa femme, les hauts et les bas, faits d'exaltation, de brusques silences prolongés et d'absences, dont il était le spectateur impuissant.Il fut le premier, et longtemps le seul, à définir avec précision la maladie dont souffrait Virginia: la psychose maniaco-dépressive. Conscient à la fois de la gravité du mal dont souffrait Virginia, et de l'élément essentiel que constituait cette maladie pour l'élaboration de son oeuvre, il eut pour tâche de la soutenir, à la fois sur le plan physique et intellectuel, d'éviter à son épouse toute tentative de suicide, de l'encourager dans sa créativité, dépendante du mal dont elle souffrait.On sait que s'il parvint à entretenir la flamme créatrice de Virginia, il ne put, hélas, éviter sa fin tragique, son suicide par noyade.

Cette lutte épuisante, Leonard Woolf l'a racontée dans son volumineux "Journal". La maladie de Virginia, la création de la Hogarth Press pour l'aider à se distraire, les nombreuses consultations des plus grandes sommités médicales, les tentatives de mener, le mieux possible, une vie normale, au prix de nombreux déménagements, l'inquiétude face à la dégradation de la santé de Virginia et à sa violence et, surtout, son aide constante dans l'élaboration de l'oeuvre de Virginia, constituent l'objet de ce journal. A lire ce petit ouvrage, florilège des textes les plus significatifs de l'énorme "Journal" de Woolf, on peut conclure, comme l'a dit un critique littéraire, que Leonard Woolf a permis à Virginia, grâce à sa présence et à son aide constantes, de vivre assez longtemps que pour produire l'oeuvre que nous connaissons.

 

"Ma vie avec Virginia"  Leonard Woolf  LES BELLES LETTRES  155p. 13,50€

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02 février 2016

Voltaire Vs Rousseau!

Ils sont considérés comme les parangons de l'esprit du "Siècle des Lumières"!D'un côté, Voltaire, fils d'un riche notaire, poète et homme de théâtre encensé, homme d'esprit et de conversation, gage de succès dans les Salons où une société désabusée trompe son ennui par de bons mots, intime des grands de ce monde, que ce fussent Frédéric II ou Catherine de Russie, avec qui il entretient une conversation sur un pied d'égalité. De l'autre, Jean-Jacques Rousseau, rejeton d'un modeste horloger de Genève, garçon timide, renfermé, dénué de tout esprit de répartie, qui déteste le monde et les salons, leur préfère la solitude dans la nature. Tout devait séparer ces deux hommes qui semblaient être nés dans deux mondes étrangers l'un à l'autre. Au départ, une grande admiration de Rousseau pour Voltaire. Ce dernier la reçoit avec une belle indifférence. Mais les choses vont très vite se gâter, car non seulement le Seigneur de Fernay n'a que mépris pour ce petit Genevois mal dégrossi, mais le grand bourgeois qu'il est - et la grande bourgeoisie financière vit sur un pied d'égalité, sinon supérieur, à la plus grande aristocratie - ne supporte pas la mise en question du régime de la France monarchique dans lequel Voltaire, à l'exception de son exclusion de Versailles et de la Cour, se trouve très bien. Le "Contrat Social" ne pouvait que lui déplaire. Le succès de "La Nouvelle Héloïse" le fait enrager, et si, de "L'Emile" il approuve "La profession de Foi du vicaire Savoyard", il s'emporte, lui qui ne cesse de traquer "L'Infâme", contre l'"Etre Suprême" en qui le solitaire de l'Ile Saint-Pierre veut croire. La rupture sera totale, de part et d'autre. Certes, Rousseau rendra hommage au combat que mène Voltaire pour la défense des Calas, mais cela n'ira pas plus loin. Empêtré dans ses relations compliquées avec la "Clique de Madame d'Epinay", dans laquelle Rousseau, marqué par son complexe de persécution, y verra la main de Voltaire, tout autant que celle de Diderot ou de Grimm, le Genevois rompra définitivement avec le Seigneur de Ferney. Assez curieusement, l'histoire finit toujours par rétablir les valeurs bafouées, c'est Rousseau qui finira par l'emporter dans cette lutte implacable entre les deux plus grands esprits de leur temps: si aujourd'hui on ne lit plus guère les poèmes de Voltaire, si son théâtre est tombé dans un complet oubli - n'ont survécu que ses contes, tel le célèbre "Candide", et sa correspondance - l'oeuvre de Rousseau est toujours lue, et son influence, que ce fût celle du "Contrat social" ou de "L'Emile" n'a cessé de croître depuis la Révolution Française qu'elle inspira.

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17 juillet 2015

Accusé Jean-Jacques Rousseau, levez-vous!

Jean-Jacques Rousseau - LUCIANA XAVIER DE CASTRO RELIGIÃO EM ROUSSEAU A PROFISSÃO DE FÉ DO VIGÁRIO SABOIANO

 

 

On accuse régulièrement Jean-Jacques Rousseau d'avoir placé ses cinq enfants aux enfants-trouvés, une accusation grave, qui nuit, et à son oeuvre, et à sa philosophie avec lesquelles  cet acte entre en totale contradiction. Rousseau n'a jamais tenté d'occulter cet acte ou de le nier, dans ses Confessions il le répète à plusieurs reprises: "Mon troisième enfant fut donc mis aux enfants-trouvés ainsi que les premiers, il en fut de même des deux suivans; car j'en ai eu cinq en tout. Cet arrangement me parut bon, si sensé, si légitime que si je ne m'en vantai pas ouvertement ce fut uniquement par égard pour la mère, mais je le dis à tous ceux à qui j'avois déclaré nos liaisons; je le dis à Diderot, à Grimm, je l'appris à la suite à Madame d'Epinay, et cela librement, franchement, sans aucune espèce de nécessité, et pouvant aisément le cacher à tout le monde. En un mot, je ne mis aucun mistère à ma conduite, non seulement parce que je n'ai jamais rien su cacher à mes amis, mais parce qu'en effet je n'y voyois aucun mal. Tout pesé, je choisis pour mes enfants le mieux ou ce que je crus l'être. J'aurois voulu, je voudrois encore avoir été élevé et nourri comme ils l'ont été" (1) Et encore: Voilà comment dans un attachement sincère et réciproque où j'avois mis toute la tendresse de mon coeur, le vide de ce coeur ne fut pourtant jamais bien rempli. Les enfans, par lesquels il l'eut été, vinrent; ce fut encore pis. Je frémis de les livrer à cette famille mal élevée pour en être encore élevés plus mal. Le risque de l'éducation des enfans-trouvés étoient beaucoup moindres. Cette raison du parti que je pris, plus fortes que toutes celles que j'énonçai dans ma lettre à Mad de Francueil fut pourtant la seule que je n'osai lui dire. J'aimai mieux être moins disculpé d'un blame aussi grave, et ménager la famille d'une personne que j'aimais. Mais on peut juger par les moeurs de son malheureux frère (*), si jamais, quoiqu'on en put dire, je devois exposer mes enfans à recevoir une éducation semblable à la sienne". (2)

On sait d'où vint la trahison d'un secret qu'il avait confié à ses amis les plus intimes: Diderot, Grimm, Voltaire et madame d'Epinay s'empressèrent de le rompre. Ce qui fit croire à Rousseau, mais d'autres évènements y étaient liés, à une conspiration de ses amis. Si le terme de "conspiration", que d'aucuns associent à un "complexe de persécution" dont aurait souffert l'écrivain, et  dont il est abondamment question dans ses écrits autobiographiques, est sans doute exagéré, il est un fait que si le succès de sa Nouvelle Héloïse ne pouvait guère exciter la jalousie de ses amis, tous déjà publiés, et avec succès, l'applaudissement de son opéra Le devin du village, dans un domaine où ni Voltaire, ni Diderot, ni Grimm, ne pouvaient le concurrencer, provoqua bien de l'aigreur et de la jalousie. Il faut ajouter que les écrits politiques de Rousseau, tels Le contrat social ou L'Emile consituaient de véritables brûlots pour le gouvernement de Louis XV, ce qui mettait en danger non seulement Rousseau, mais également ses amis haut placés. Enfin, Voltaire ne pouvait supporter de voir réapparaître l'"Infâme", fût-ce sous l'apparence d'un "Etre Suprême", tel que le voulait Rousseau; il faut y ajouter le fait que Voltaire menait à Ferney l'existence d'un grand bourgeois fortuné, qu'il gérait avec efficacité son domaine, et qu'il devait ressentir cette haine des gens riches envers ceux qui prônent la pauvreté et la vie simple. Voltaire se sentait visé par les écrits de Rousseau. D'où cette haine tenace. Ajoutons que la personnalité de Rousseau était en totale contradiction avec celle de son temps; son exigence de la vérité apparaissait à ses contemporains comme un manque d'éducation, d'où le titre de "rustre" ou de "cuistre" dont on l'affublait, Rousseau n'avait pas l'esprit de répartie, il le confesse lui-même, détestait les salons et l'hypocrisie d'une société extrêmement policée, où tout succès était basé sur l'esprit, le  brillant de la conversation, il y faisait l'impression d'un sauvage, il avait tout pour déplaire à un Voltaire qui était l'exemple du parfait "homme de salon". Faut-il le préciser, la postérité vengea Rousseau, car si on lit encore aujourd'hui avec plaisir la correspondance de Voltaire, ses ouvrages historiques et certains contes comme Candide - son théâtre et ses vers n'ont pas résisté au temps, et ce qui constitue sans doute son chef-d'oeuvre, ses conversations, ne nous sont pas parvenues - son influence se termina avec sa mort et la chute de l'Ancien Régime, alors que l'influence de Rousseau, que ce fût sur le plan de la philosophie politique ou de l'amour de la nature, ne s'est jamais éteinte. Voltaire clôture une période de l'histoire, Rousseau en ouvre une nouvelle, avec la Révolution Française, qu'il a largement inspirée, et le mouvement romantique.

Sur le fond de cette terrible accusation d'avoir abandonné ses enfants, il faut se reporter à son temps, où il n'était pas rare que de grands personnages confiassent aux enfants-trouvés des nouveaux-nés issus d'une relation extra-conjugale, Rousseau ne faisait là que suivre une habitude qui choquait beaucoup moins qu'aujourd'hui; il faut aussi se reporter aux nombreux textes que Rousseau y a consacrés,textes qui peuvent paraître contradictoires, car s'il éprouve des regrets, bien plus souvent il tente d'expliquer et de justifier son geste. Chacun jugera Rousseau selon sa propre morale. Hélas! Rousseau a eu, et a encore bien des ennemis, car même aujourd'hui, ses textes sentent encore le soufre; et cette accusation est pain béni pour ses ennemis!

(1) LES CONFESSIONS Livre huitième p.357/358 Edition de La Pléiade

(2) LES CONFESSIONS Livre neuvième p.415/416 Edition de La Pléiade

 

* Il s'agit du frère de Thérèse Levasseur, compagne et ensuite épouse de Rousseau, et mère de ses cinq enfants.

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10 juillet 2015

Jean-Jacques Rousseau aux Charmettes.

 

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Le Livre VI des Confessions de Rousseau est sans aucun doute le plus beau de ce merveilleux ouvrage. Presqu'entièrement dédié aux années passées aux "Charmettes", charmante maison de campagne, avec Madame de Warrens, il se termine sur un drame qui va déterminer toute l'existence de Rousseau: son voyage à Montpellier pour y consulter un médecin va être l'occasion d'une rencontre avec une compagne de voyage, une dame de Larnage, dont il s'éprend. La raison l'emportera sur sa "folie amoureuse", et il reviendra à "Maman" et aux "Charmettes"...mais pour y trouver sa place prise! Ce sera la fin de sa relation avec madame de Warrens, et le début d'une longue pérégrination, motivée par les persécutions, réelles ou imaginaires, dont il sera, jusqu'à sa mort, la victime. Le récit des années aux "Charmettes" nous dévoile le vrai Rousseau, le solitaire amoureux de la nature, des merveilles de la création de l'Etre Suprême, l'homme aux goûts modestes, le rêveur, l'auteur futur des "Rêveries du promeneur solitaire", celui qui, aujourd'hui, par son amour de la nature, nous paraît plus proche que jamais: "Des promenades plus solitaires avoient un charme plus grand encore, parce que le coeur s'épanchoit plus en liberté". Ces années, Rousseau en conserva éternellement le souvenir, et toujours avec une profonde émotion : "Momens précieux et si regrettés, ah recommencez pour moi vôtre aimable cours; coulez plus lentement dans mon souvenir s'il est possible, que vous ne fites reellement dans votre fugitive succession" * Ces jours heureux, passés à herboriser, à lire, à se promener, l'incitent à la réflexion sur la vie et sur la mort, sur la religion, autant de pensées qui seront à la base de son oeuvre future. Les années aux "Charmettes" constituent pour Rousseau comme une sorte de pause, d'entracte avant un lever de rideau sur ce qui sera pour lui une tragédie, une existence chaotique, à mille lieues des plaisirs champêtres des "Charmettes, une existence qu'il devinait dans ce qui était encore son paradis sur terre: "Il me semblait que je prévoyois le sort qui m'attendoit sur mes vieux jours. Je n'ai jamais été si près de la sagesse que durant cette heureuse époque. Sans grands remords sur le passé; délivré des soucis de l'avenir, le sentiment qui dominoit constamment dans mon ame étoit de jouir du présent." Ou encore: "Ainsi coulérent mes jours heureux, et d'autant plus heureux, que n'apercevant rien qui les dut troubler, je n'envisageois en effet leur fin qu'avec la mienne".

 

Les textes cités sont extraits des "Oeuvres complètes" TOME I Les confessions et autres textes autobiographiques" GALLIMARD Collection de La Pléiade.

 

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25 février 2015

Proust et Odette Swann

Il y a bien des façons de lire A la recherche du temps perdu; certains y liront une passionnante étude de la société de la Troisième République, d'autres, un essai sur les aléas de l'amour et de la jalousie, certains lecteurs s'attacheront plus particulièrement au passage du temps, ou à l'Affaire Dreyfus, au phénomène de la mémoire inconsciente ou encore à la fine observation d'une classe aristocratique en déclin, mais peu nombreux sont ceux qui verront dans cet immense roman un éloge à la vie, à ce qu'elle peut offrir de gourmands plaisirs, de ceux dont Colette, contemporaine de Proust, a fait le sujet de toute son oeuvre. Une gourmandise que l'on retrouve principalement dans Un Amour de Swann  et dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs, volumes du roman dans lesquels Proust déploie tout son art de la description minutieuse dans le portrait d'un décor sensé exprimer l'atmosphère de luxe, de sensualité dans laquelle baigne celle qui est, avec le baron de Charlus, situé à l'autre extrémité de la hiérarchie sociale, le personnage principal du roman: Odette de Crécy, devenue Odette Swann par son mariage avec l'élégant Charles Swann, incarne La femme. Proust s'attarde à décrire l'ambiance d'une grande élégance et d'une rare sensualité dans laquelle elle vit, ce qui nous vaut des pages superbes sur l'appartement de l'avenue La Pérouse: hortensias, coussins chinois, lanternes japonaises, parfums obsédants, robes de chambre en soie ou en crêpe de Chine, Proust se laisse emporter par une admiration gourmande et sensuelle pour un personnage qui représente pour lui la femme de sa jeunesse, d'une beauté, d'une élégance qui le plongent dans la nostalgie d'une société, d'un temps qui ont passé, d'une époque qui n'est plus, un passage du Temps qui est le thème majeur du roman. C'est d'ailleurs sur l'image d'Odette Swann se promenant au Bois de Boulogne que se ferme Du côté de chez Swann:  "Aurais-je même pu leur faire comprendre l'émotion que j'éprouvais par les matins d'hiver à rencontrer Mme Swann à pied, en paletot de loutre, coiffée d'un simple béret que dépassaient deux couteaux de plumes de perdrix, mais autour de laquelle la tiédeur factice de son appartement était évoquée, rien que par le bouquet de violettes qui s'écrasait à son corsage et dont le fleurissement vivant et bleu en face du ciel gris, de l'air glacé, des arbres aux branches nues, avait le même charme de ne prendre la saison et le temps que comme un cadre et de vivre dans une atmosphère humaine, dans l'atmosphère de cette femme , qu'avaient dans les vases et les jardinières de son salon, près du feu allumé, devant le canapé de soie, les fleurs qui regardaient par la fenêtre close la neige tomber?" Objet de toutes les raffinements descriptifs de Proust, Odette connaîtra un sort brillant: partie du bas de l'échelle, dans l'habit de cette "Miss Sacripant", demi-mondaine de luxe, peinte par Elstir, elle gravira, grâce à son intelligence et à son adaptation rapide aux codes mondains, tous les échelons de la hiérarchie sociale, tandis que le baron de Charlus, situé au plus haut rang de cette même hiérarchie, emporté par son vice, en descendra les marches dans une longue descente aux enfers qui constitue, illustrée par la dramatique confrontation avec les Verdurin et Charlie Morel dans La prisonnière, le côté le plus douloureux, le plus émouvant du roman. 

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07 octobre 2014

Jules Roy: Journaux

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Baroudeur, forte tête, militaire de carrière, homme de droite avant de virer à gauche, partisan de Pétain, puis de de Gaulle, combattant au Vietnam puis en Algérie, avant de condamner ces guerres dans des écrits qui ont fait l'admiration d'un de Gaulle ou d'un Kennedy, Jules Roy est un homme difficile à saisir dans cette constante révolte qui fait de son existence une véritable épopée. Homme d'action, plus que d'écriture, après le succès de son épopée algérienne, Les chevaux du soleil, parue en plusieurs volumes, il se consacre principalement à ses journaux* et à ses mémoires. Avec raison, car Jules Roy en a connu du monde: François Mitterand, Rostropovitch, Serge Gainsbourg, Albert Camus, il les a fréquentés  avec cette passion propre à un homme d'action perpétuellement en colère contre les injustices, un caractère fort, qui dérange, ou bouleverse ceux qui le rencontrent. D'où l'intérêt de ses journaux dans lesquels on retrouve, dans des portraits saisissants de vérité et d'admiration, un Serge Gainsbourg, qui dîne avec lui chez Marc Meneau ,à l'Espérance, le célébrissime restaurant de Saint-Père, où il est reçu en ami, et où il s'attable régulièrement avec Rostropovitch, pour lequel il a une grande admiration, ce qui nous vaudra un des plus beaux livres sur le grand violoncelliste, compte-rendu* de l'exécution des Suites pour violoncelle de Bach, dans la basilique de la Madeleine. Ayant acquis une belle demeure à Vézelay, face à la basilique, il nous décrit ce petit monde agglutiné sur sa colline aux pieds de la basilique, et ce avec une cruauté qui ne lui a pas valu que des amitiés dans cette petite ville aux contrastes que seul celui qui y réside parvient à cerner: les riches à droite de la rue principale, les moins bien lotis à gauche de la même rue; ses relations avec la gent locale n'est pas toujours sereine, comme elle ne l'est pas avec les religieux en charge de la basilique. Ce qui nous vaut des pages mémorables...de méchanceté! Ceci dit, Vézelay a une énorme influence sur Jules Roy, qui y trouve, après une existence chaotique et mouvementée, une paix et une sérénité qui nous vaudront des pages superbes sur cette colline sacrée, qui, fussent-ils croyants ou athées, attire et inspire les grands esprits, marqués par cette spiruitualité qui en émane: Romain Rolland, Max-Pol Fouchet, Maurice Clavel, Georges Bataille y résideront ou s'y feront enterrer dans l'émouvant cimetière d'où l'on a une vue étendue sur toute la région environnante. Jules Roy n'est plus, sa tombe est visible dans la partie ancienne, et aujourd'hui désaffectée, du cimetière où, par autorisation spéciale, il a pu être enterré, non loin de son ami Max-Pol Fouchet. Sa maison, ouverte au public, permet de retrouver l'auteur dans ses meubles et dans le décor qui fut le sien durant ses longues années de vie au pied de la basilique.

* "Journal" Jules Roy   Paru en 3 volumes chez Albin Michel

* " Rostropovitch,Gainsbourg et Dieu"  Jules Roy   Albin Michel

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27 juillet 2014

Les festivals d'art lyrique de l'été

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Le plus ancien des festivals - il eut sa première en 1876 - et sans aucun doute le plus célèbre, à la fois pour des raisons historiques et politiques - l'influence dictatoriale de Cosima, la veuve de Wagner, les relations de Winifred Wagner, sa belle-fille, avec Hitler, les luttes intestines dans la famille qui l'ont fait comparer à celle des Atrides - et pour sa politique d'exclusivité wagnérienne. Longtemps considéré comme un must par les plus grands chefs d'orchestre et les plus illustres chanteurs, qui considéraient leur présence à Bayreuth comme le couronnement de leur carrière, le festival est aujourd' hui en déclin, on en veut pour preuve la disponibilité de tickets pour cette saison, la veille de l'ouverture, alors qu'il fallait parfois attendre dix ans pour obtenir enfin une place, et l'absence, la première fois depuis dix ans, d'Angela Merkel à l'ouverture cette année. Il est fini le temps des grandes créations, celle d'un Patrice Chéreau et d'un Pierre Boulez pour le Ring du centenaire, en 1976, qui fit date, ou les premières mises en scène audacieuses du dernier petit-fils du compositeur, le tyrannique Wolfgang Wagner, décédé il y a peu, laissant l'héritage  à deux arrière-petites-filles de Wagner, qui se détestent et n'ont guère convaincu avec des réalisations d'une provocation gratuite. Ceci étant dit, il n'en reste pas moins qu'assister à ce festival reste une expérience unique et inoubliable: il y a l'acoustique exceptionnelle de cet "abîme mystique", fosse d'orchestre mi-enterrée, faite sur mesure pour les oeuvres de Wagner, la beauté du site, de cette petite ville baroque de Bavière entièrement offerte aux festivaliers qui, le soir, après le spectacle, y déambulent en tenue de soirée, le charme du défilé de ces mêmes festivaliers qui, à la lumière douce du soleil couchant, se rendent au théâtre à pied, par la longue allée bordée de tilleuls qui mène à la "Colline sacrée". Un public d'amateurs et de connaisseurs, de ces Wagnériens intransigeants sur la qualité et le respect des  exigences du Maître, au détriment parfois de l'audace et du renouvellement, un public élégant mais sans snobisme qui, aux entractes, discute avec feu des qualités de l'oeuvre présentée,  et ce devant une énorme chope de bière! Pour finir, en guise de clin d'oeil, on citera le conseil d'Albert Lavignac qui, dans son livre Le voyage artistique à Bayreuth, publié en 1900, disait: " On va à Bayreuth comme on veut, à pied, à cheval, en voiture, à bicyclette, en chemin de fer, et le vrai pélerin devrait y aller à genoux".

 

SALZBOURG

 

C'est le festival de la démesure, tout y est énorme: la salle du festival dont la scène convient mieux à une Aïda qu'à un opéra de Mozart, la présence envahissante, fût-elle postume, d'un Karajan, qui y régna en maître absolu durant plusieurs décennies, avec tous les excès d'égocentrisme qu'on lui connaît, le coût des places, les sommes énormes, couvertes par des mécénats prestigieux, englouties dans ce festival sans doute le plus coûteux, le conservatisme d'un public essentiellement mondain, la timidité de la programmation, l'absence de toute prise de risque - à l'exception de la période de direction de Gérard Mortier, qui fit hurler le public par ses audaces, et  qui finit par prendre la fuite, un départ plus ou moins imposé - à peine compensés par une affiche prestigieuse de chefs et de chanteurs, grassement rémunérés. Le festival idéal pour tous les amateurs de people qui prennent plaisir à voir au pied des marches du Mozarteum, descendre de rutilantes Bentley ou autres Rolls, les célébrités du bottin mondain.

 

 

 

photoGLYNDEBOURNE

 

Sans aucun doute le plus raffiné de tous les festivals: raffinement dans le choix du programme, d'un éclectisme exceptionnel, qui mène de Haendel à Britten, avec parfois des créations contemporaines, raffinement des lieux, raffinement dans le choix des chefs d'orchestre, des chanteurs, des metteurs en scène, presque tous Britanniques -on connaît l'exigence de qualité des Anglais dans le domaine du chant et de la mise en scène ( on y verra souvent William Christie ou David McVicar) - qui font des oeuvres présentées des références. Fondé dans les années vingt du siècle précédent par un riche mécène amateur d'art lyrique, qui, au départ, fit représenter des opéras de chambre dans les salons de sa somptueuse demeure de style Tudor, pour ensuite construire une vraie salle, remplacée il  y a peu par une salle de la taille des plus prestigieux opéras, munie de tous les perfectionnements techniques, le Festival de Glyndebourne a aujourd'hui pris sa place parmi les grands festivals, y ajoutant cette marque très particulière du goût anglais pour la musique et pour la nature: aux entractes, le public en tenue de soirée se disperse dans les beaux jardins de la propriété, on s'y installe à même le gazon ou sur des modestes chaises de camping, pour y déguster des sandwichs au saumon et aux concombres, accompagnés d'une coupe de Champagne dont la bouteille aura été gardée au frais dans ce qu'on appelle assez vulgairement un "Frigo Box"!  Ce mélange de simplicité campagnarde et d'élégance mondaine, de qualité musicale et vocale, d'audace et d'humour, qualités éminemment britanniques, font tout le charme de ce festival.

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 AIX-EN-PROVENCE

 

safe_imageIl règne à Aix-en-Provence une atmosphère "Siècle des Lumières", très aristocratiques, due à la beauté de ses nombreux hôtels de maître du dix-huitième siècle, au charme de son célèbre Cours Mirabeau et de ses vieux platanes, à ses nombreuses fontaines, à sa population jeune, d'une élégance très décontractée, qui confèrent à ce festival un cachet très particulier, très proche de l'élégance de Glyndebourne, mais urbaine et française. Aix attire aujourd'hui toute la nouvelle génération de chefs, de chanteurs et de metteurs en scène, il est devenu un must dans ce domaine. Programmation très éclectique, qui inclut presque toujours une création contemporaine, interprétations qui font souvent date dans la représentation d'une oeuvre, public élégant mais décontracté, jeans et polos, fussent-ils griffés. Beauté de la cour de l'archevêché, charme de la douceur de l'air, de la beauté du chant, de la qualité de l'interprétation musicale, font des représentations de ce festival un pur moment de bonheur.

Posté par Nekki à 10:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]